LES APPLICATIONS DU CONDITIONNEMENT LES DOMAINES DE LA THERAPIE ET DE LA PEDAGOGIE



I. Comment changer un comportement en réfexion théorique

Les théories évoquées considèrent le comportement comme étant déterminé par deux types de variables : Une d'ordre biologique qui nous indique ce qu'un individu peut faire, et une autre d'ordre environnementale. Changer un comportement revient à agir sur ces variables, mais il est difficile d'agir sur des variables d'ordre biologique, alors certains courants de recherche proposent de s'orienter sur des variables environnementales pour changer un comportement.

Le comportement de l'individu résulte obligatoirement d'un apprentissage, il n'y aurait pas de conduites innées. Pour agir ou modifier un comportement il va falloir isoler les conditions responsables de cet apprentissage.

Il faut isoler les contingences de comportement, les conditions environnementales qui déterminent l'apprentissage puis il va être possible d'aménager ces contingences de renforcement pour permettre de nouveaux apprentissages.

Les différentes étapes pour agir sur le comportement de l'individu :

- Avant l'intervention : Il faut définir le comportement à changer, c'est-à-dire en préciser les caractéristiques, il faut isoler les contingences de renforcement associées à ce comportement, il faut évaluer le comportement que l'on veut changer.

- Pendant l'intervention : Procédure qui va dépendre du type de modification du comportement que l'on veut effectuer, on peut accroître par exemple la probabilité d'émission d'une réponse ou la décroître ou vouloir installer un nouveau comportement. Lorsque l'on veut accroître la probabilité d'émission d'une réponse par le renforcement positif ou négatif, dans les faits on préfère utiliser un comportement positif que négatif pour modifier un comportement. Si on veut décroître la probabilité d'émission d'une réponse c'est possible par la punition. La punition est efficace lorsqu'il y a une forte intensité du stimulus aversif, le fait que la punition soit immédiate après la réponse, efficace lorsqu'elle est administrée selon un programme continu. On peut aussi décroître la probabilité d'une réponse en l'ignorant, c'est-à-dire par un retrait momentané des renforcement positif. Si on veut installer un nouveau comportement on peut, par exemple, utiliser une procédure qui consiste d'une part à renforcer toutes les conduites qui vont dans le sens de celles que l'on veut acquérir et éteindre les autres conduites.

II. Application des conceptions behavioristes à la pratique clinique

Les thérapies comportementales

Elles sont apparues dans les années 50 avec le courant skinnerien qui s'appelait courant modification des comportements. Le but était d'essayer de voir comment il était possible d'appliquer les théories de l'apprentissage dans le domaine de la maladie mentale.

- Interprétation du comportement normal ou anormal : l'interprétation du comportement va opposer deux grands courants théoriques, Freud qui considère que le comportement est le résultat de forces psychiques situées à l'intérieur de l'organisme, c'est-à-dire que la cause du comportement va être recherchée dans la structure de la personnalité ou dans l'appareil psychique de l'individu. A l'opposé, se sont les théories comportementales et behavioristes qui considèrent le comportement comme étant déterminé de façon externe, rôle prépondérant à l'environnement. Ce qui compte du point de vue des théories behavioristes est la relation du comportement passé et actuel de l'organisme et non plus la relation entre les comportements actuels et ce qui se passe à l'intérieur de l'organisme. L'accent est mis sur les relations entre l'organisme et ses milieux de vie. Les comportements normaux et anormaux ne sont pas conçus comme différents, c'est-à-dire que ces comportements, quelqu'ils soient, sont le produit d'un processus d'apprentissage qui repose sur des lois générales qui sont les lois du conditionnement.

Comportements déviants : L'individu n'obtient pas les renforcements adéquats, l'individu ne prête pas attention à tous les stimulu provenant de l'environnement, l'individu agit à ces stimuli de façon différente d'un individu normal. Du point de vue thérapeutique, on propose de se centrer sur les conduites et les contingences du renforcement sans s'intéresser aux causes internes ou profondes du comportement.

L'anormalité serait le fruit d'une appréciation subjective, c'est-à-dire qu'en référence à certaines normes sociales certains comportements sont attendus et pas d'autres. On considère un comportement anormal comme un comportement inattendu par rapport à ce que nous ont enseigné les normes sociales.

Ex. de thérapies comportementales : L'idée est que certains individus sont trop facilement conditionnables, c'est-à-dire qu'ils n'ont pas assez d'extinction, chez eux il y a des réponses conditionnelles acquises à tort et qui sont des réponses inadaptées. La thérapie va consister à éliminer ces réponses conditionnelles (ex. phobiques). Certains individus ne sont pas suffisamment conditionnables, c'est-à-dire qu'ils ne créent pas suffisamment de liaisons conditionnelles qui leur permettraient de s'adapter socialement, le but est de créer de nouvelles liaisons conditionnelles.

- Thérapie par inhibition réciproque (= désensibilisation systématique) : Thérapies appliquées au problème des phobies. Les phobies résultent d'une association antérieure entre un stimulus neutre et un stimulus inconditionnel (ex., SN : Phobie du rat ; SI : Bruit fort). La réaction conditionnelle (anxiété) va se produire ensuite par la seule présence du SN. Si on prend cette conception on considère que pour échapper à l'anxiété le sujet fait tout pour éviter le stimulus neutre phobique. Le principe de la thérapie consiste à essayer d'éteindre la réponse d'anxiété. Du point de vue théorique, pour éteindre la réactions conditionnelle on supprime le renforcement donc il va s'agir d'exposer l'individu au stimulus conditionnel mais cette exposition doit être non renforcée. Après la présentation du stimulus conditionnel, le stimulus aversif (bruit fort) ne doit pas apparaître. Présenter l'objet phobique de façon progressive, d'abord en paroles puis en images et en vrai. Lorsqu'il a été présenté suffisamment de fois sans renforcements on fini par éteindre la réponse d'anxiété. La plupart du temps on cherche à contre-conditionner l'anxiété, on va chercher une réponse qui lui est incompatible, par ex., on sait qu'elle est incompatible avec l'état de relaxation musculaire. L'idée de Wolpe est que l'on va pouvoir faire disparaître l'anxiété si on met l'individu en état de relaxation musculaire dès qu'il rencontre le stimulus anxiogène. La démarche consiste à rattacher les conduites à leurs conséquences renforçantes et aux stimulus qui les contrôlent. On va définir avec le patient les comportements que l'on veut installer ou faire disparaître puis mettre une méthode pour installer ces objectifs.

- Thérapies par aversion : Elle est utilisée pour modifier des conduites comme l'alcoolisme, le tabagisme, les déviations sexuelles. A chaque fois il suffit d'associer le stimulus conditionnel à un stimulus aversif et de cette façon on va espérer que l'individu va chercher à éviter le stimulus conditionnel de la même façon qu'il cherche à éviter le stimulus aversif. Les tenants de ces thérapies les considèrent comme au moins aussi efficaces que les thérapies classiques comme les thérapies analytiques.

III. Application du conditionnement à la pratique pédagogique : L'enseignement programmé

Dans les années 50 Skinner proposait d'appliquer l'étude de l'apprentissage opérant chez l'animal dans le domaine de la pédagogie. Il va mettre au point des programmes individualisées d'enseignement, enseignements programmés. Pour lui, 'Enseigner est organiser des contingences de renforcement qui accélèrent l'apprentissage de l'élève'. Son idée est qu'il faut enseigner selon les principes du conditionnement opérant pour que l'apprentissage soit plus efficace. Méthode qui confrontait l'élève à une machine d'enseignement programmé. Machine qui va présenter de manière à enseigner de façon très progressive puisqu'elle va être découpée en ses différents constituants parce que le principe fondamental est que l'élève puisse apprendre seul et qu'il puisse se contrôler à chaque réponse et progresser ainsi à son rythme. On va donner des informations à l'élève avec une question à laquelle il doit répondre puis regarder si la réponse est correcte et passer ensuite à l'étape suivante. Il y a trois éléments qui découlent des lois sur le conditionnement opérant et qui doivent être prises en compte dans la programmation d'une matière : L'activité du sujet, renforcement systématique et découpage de la matière en petites unités.

Il est fondamental que ce soit le sujet lui même qui constuise et émette une réponse car il est possible de renforcer la réponse d'un individu que s'il est actif.

Le renforcement systématique : Chaque réponse correcte doit être renforcée dans des délais courts, il faut donner un information rétroactive (vrai-faux) chaque fois et juste après que le sujet ait répondu. On va parler chez l'animal de renforcement immédiat et chez l'homme de connaissance immédiate des résultats. Il faut au maximum que les renforcements que l'on donne soient positifs, il faut susciter des réponses justes d'où le besoin de présenter des stimuli clais, précis et non ambigü (ce qui est différent de la pédagogie des erreurs).

Le découpage de la matière en petites unités selon une échelle de difficulté croissante pour que l'élève puisse atteindre l'objectif final sans erreurs après une succession d'étapes faciles à franchir.

Le programme skinnerien est individualisé. Programmes linéaires, les différentes étapes sont agencées de la plus simple à la plus compliquée selon une voix unique. Programmes Crowder : Plus complexes, en fonction de l'erreur produite on prévoit un cheminement particulier pour réapprendre la notion qui pose problème.

Bibliographie

COTTRAUX J, Les thérapies comportementales et cognitives,

GIURGEA C-E, L'héritage de Pavlov, Mardaga, 1995

GREBOT E, Images mentales et stratégies d'apprentissage, ESF, 1994

LAFITTE R, Essai de pédagogie institutionnelle : l'école, un lieu de recours possible pour l'enfant et ses parents, Champs social, 2006

PALAZZOLO J, Cas cliniques en thérapies comportementales et cognitives, Masson, 2004

RAHIOUI H, Thérapies cognitives et comportementales et addictions, Flammarion, 2006

ROUSTANG F, Savoir attendre pour que la vie change, Odile Jacob, 2006

SKINNER B-F, Science et comportement humain

VALDOIS S, Apprentissage de la lecture et dyslexies développementales : de la théorie à la pratique orthophonique et pédagogique, Solal, 2004

 

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Commentaires

  • alberto joel
    • 1. alberto joel Le 13/12/2010
    je souhaiterai obtenir des articles et références ihnérentes à la comparaison entre conditionnement opérant et classique ainsi que d'autres applications du conditionnement
    merci

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