
En France, les consultations chez un psychologue exerçant en libéral ne sont pas automatiquement prises en charge par la Sécurité sociale. Cependant, plusieurs solutions de financement et de remboursement existent selon votre situation, l'âge du patient ou la nature des troubles.
Voici les différents dispositifs auxquels vous pouvez prétendre pour la prise en charge de vos séances.
1. La prise en charge par les Mutuelles (Complémentaires Santé)
C’est le cas de figure le plus fréquent en cabinet libéral. Aujourd'hui, la grande majorité des mutuelles propose une prise en charge des consultations de psychologie, généralement hors parcours de soins réglementé.
- Le fonctionnement : Les mutuelles proposent souvent un "forfait médecines douces" ou un pôle "santé mentale".
- Les modalités : Le remboursement se fait soit sous forme d'un montant fixe par séance (par exemple 30€ à 40€ par consultation) pour un nombre limité de séances par an, soit sous forme d'un forfait annuel global (par exemple 200€ par an).
- Comment en bénéficier ? Il vous suffit de demander une facture acquittée à la fin de notre consultation et de la transmettre directement à votre complémentaire santé.
2. Le dispositif national "Mon Soutien Psy"
Ce dispositif de l'État permet à toute personne (dès l'âge de 3 ans) souffrant de troubles psychologiques légers à modérés de bénéficier d'un accompagnement remboursé.
- Le volume d'aide : Vous pouvez bénéficier de jusqu'à 12 séances remboursées par année civile.
- Le tarif : Le prix de la séance est fixe et s'élève à 50 €.
- La prise en charge : L'Assurance Maladie finance 60 % du montant et votre mutuelle prend en charge les 40 % restants. Le tiers payant est généralisé, ce qui évite l'avance de frais sur la part obligatoire.
- Comment en bénéficier ? L'accès est désormais direct. Il n'est plus obligatoire de passer par votre médecin traitant pour obtenir un courrier d'adressage. Il vous suffit de consulter un psychologue conventionné avec le dispositif.
Ameli.fr - Mon soutien psy
3. Les Plateformes de Coordination et d'Orientation (PCO)
Destinées aux enfants de 0 à 12 ans présentant un risque de Trouble du Neurodéveloppement (TND) comme l'autisme, le TDAH ou les troubles Dys, les PCO permettent de déclencher un "forfait d'intervention précoce".
- Le fonctionnement : Ce forfait prend en charge intégralement des séances de bilans et d'interventions chez des professionnels libéraux (psychologues, psychomotriciens, ergothérapeutes) non conventionnés par la Sécurité sociale classique.
- La durée : L'aide est accordée pour une durée d'un an, renouvelable sous certaines conditions, le temps de stabiliser le diagnostic et de mettre en place des relais à long terme.
handicap.gouv - Les PCO
4. Les PCPE et le financement par les établissements (ESSMS)
Pour les situations plus complexes ou en l'attente d'une place en structure spécialisée, d'autres enveloppes de financement institutionnel peuvent intervenir :
- Les PCPE (Pôles de Compétences et de Prestations Externalisées) : Ils peuvent financer de manière transitoire des prestations de psychologues libéraux pour éviter les ruptures de parcours de soins, pour les enfants comme pour les adultes.
- Le budget des établissements (SESSAD, IME, SAMSAH...) : Lorsqu'une personne est notifiée ou admise dans un établissement ou service social et médico-social (ESSMS) mais que la structure ne dispose pas de psychologue en interne, elle peut, dans le cadre d'un partenariat, financer directement des séances de psychologie externalisées en libéral.
handicap.gouv - PCPE
️ 5. Les aides financières de la MDPH
Si vous ou votre enfant possédez un dossier ouvert à la MDPH (Maison Départementale des Personnes Handicapées), les frais de psychologue libéral peuvent être intégrés dans vos demandes de compensation :
- Pour les enfants : Via l'AEEH (Allocation d'Éducation de l'Enfant Handicapé) et ses compléments, calculés en fonction des surcoûts liés au handicap (les séances de thérapie ou de guidance parentale en font partie).
- Pour les adultes : Via la PCH (Prestation de Compensation du Handicap), notamment au titre des charges exceptionnelles ou du volet d'aide humaine au soutien à l'autonomie.
6. Bilans demandés par les structures médico-sociales (CAMSP, CMPP, IME, SESSAD...)
Il arrive fréquemment qu'une structure publique ou médico-sociale (comme un CAMSP, un CMPP, un IME ou un SESSAD) encadre le parcours d'un enfant mais ne dispose pas de la disponibilité ou des professionnels en interne pour réaliser un bilan psychologique ou neuropsychologique spécifique.
- La règle légale : Si c’est la structure médico-sociale qui demande explicitement à la famille de faire réaliser ce bilan à l'extérieur, en cabinet libéral, c'est à cette structure d'en assurer l'intégralité du financement.
- Pourquoi ? Ces établissements reçoivent des financements globaux de l'État (Assurance Maladie ou ARS) pour couvrir l'ensemble des besoins de soins et d'évaluations des usagers qu'ils accompagnent. Ils ne peuvent pas faire supporter ce coût financier aux familles.
- En pratique : Avant de prendre rendez-vous au cabinet pour le bilan, la famille doit demander à la structure une convention de partenariat financier ou un accord écrit de prise en charge. La facture du bilan sera ensuite directement adressée et réglée par l'établissement demandeur.