INTRODUCTION

L'intérêt porté aux dessins des enfants est relativement récent. Pendant longtemps on a pensé que l'activité graphique était une simple distraction. Les premières études concernant les dessins des enfants datent du début du XXème siècle. C'est Luquet, en 1927, qui a le premier fait paraître un petit livre sur les dessins des enfants, il l'a intitulé Le dessin enfantin. Etude qu'il a fait à partir de sa propre fille. Il a observé ses dessins et leur évolution au cours du développement. Florence Goodenough a également fait une étude sur l'évolution du dessin enfantin et en particulier sur l'évolution du dessin du bonhomme. Puis, arrive le développement de la psychologie de l'enfant, l'influence de la psychanalyse et l'apparition des méthodes dîtes actives. Montessori, Decroly, en s'intéressant à l'évolution de l'enfant, ont donné au dessin enfantin une place privilégiée. Dessiner c'est d'abord agir, faire l'essai d'une manipulation qu'il a vu faire par les autres. C'est lui permettre de s'affirmer, d'être, de provoquer une réaction sur l'entourage et c'est surtout un mode d'expression et de communication majeure pour l'enfant. Souvent, l'enfant peu exprimer par les mains, le dessin, avant de pouvoir le faire par les mots. Il alterne le langage graphique et verbal. Le dessin d'enfant s'adresse souvent à quelqu'un, le dessin charge d'intentions et d'affects conscients et inconscients. On dit souvent que le dessin est un langage personnalisé. D'ailleurs, plus l'enfant grandit, plus ses dessins sont personnels, mais tout en étant personnels, les dessins vont subir des influences extérieures, par exemple, celle de la mode. Les grandes sections de maternelle correspondent à l'apogée du dessin de l'enfant. Quand l'enfant dessine, il est content de ce qu'il a dessiné à travers l'attention que va lui apporter l'entourage à son dessin, il va avoir une certaine satisfaction narcissique. Les productions des jeunes enfants sont très proches des unes des autres dans toutes les cultures. Certains auteurs comme Rioux, Widlöcher, pensent que cela est dû à l'influence de la civilisation occidentale dans le monde. D'autres disent que si les dessins se ressemblent c'est qu'il existe une universalité des signes graphiques, langage universel propre à l'humanité toute entière. La connaissance du dessin permet de déchiffrer la production de tous les enfants quelque soit leurs origines, leurs ethnies, leur milieu social. Tous les dessins d'enfants franchissent les mêmes étapes, les mêmes stades d'acquisition graphique, ils ont tous une évolution graphique identique. Pour le psychologue, le dessin est un outil privilégié de communication et d'observation, son approche est rapidement obtenue, il est riche de sens, son matériel est peu coûteux et il laisse des traces permanentes. On peut consulter les dessins des enfants quand on le souhaite et comparer ces dessins au cours des séances. On va pouvoir utiliser le dessin pour évaluer la maturation psychoaffective de l'enfant et notamment pour évaluer son développement intellectuel, c'est une approche psychométrique. Le dessin est également projection du vécu de l'enfant, il traduit ses préoccupations, son histoire en filigranes. Il évoque en pointillé son avenir, c'est une approche projective. Son dessin est un autoportrait, on retrouve très souvent dans les dessins la problématique de l'enfant, il va pouvoir traduire ses problèmes familiaux dans son dessin. Le dessin permet de compléter les renseignements des autres techniques projectives (par exemple, le Rorschach, le Patte Noire...). Le dessin est sensible aux modifications psychopathologiques de la personnalité. Quand le dessin est moins perturbé que les autres épreuves, on peut poser un pronostic plus optimiste que dans le cas contraire. Le dessin est utilisé en psychothérapie en complément d'autres jeux. Nouvelles approches du dessin avec le développement de l'audiovisuel dont on se sert pour observer la façon dont l'enfant exécute son dessin. On enregistre ses mimiques, ses commentaires. Philippe Wallon a abordé le dessin grâce aux ordinateurs, il regarde de façon très précise comment l'enfant dessine. Ces personnes pensent que l'ordinateur va apporter une approche quantitative.

Bibliographie

BAQUE S, Dessins et destins d'enfants, Hommes et perspectives, 2000

BEDARD N, Comment interpréter les dessins d'enfants, Quebecor, 2005

CASTRO D, Pratique de l'examen psychologique en clinique adulte : Wais III, MMPI-2, Rorschach, TAT, Dunod, 2006

CROTTI E, Gribouillages, Jouvence, 1998

FERNANDEZ L, Le test de l'arbre : un dessin pour comprendre et interpréter,

GREIG P, L'enfant et son dessin, Erès, 2000

JEANGIRARD C, DE GRAAFF W, La troisième dimension dans la construction du psychisme. Pourquoi les enfants font-ils des dessins ? Pourquoi cessent-ils un jour de dessiner ?, Erès, 1999

LEFEBURE F, Le dessin de l'enfant : le langage sans parole, Masson, 1997

MARC V, MARC O, Premiers dessins d'enfants : les tracés de la mémoire, Nathan, 2002

WALLON P, Le dessin d'enfant, PUF, Que-sais-je ?,

WALLON P, Le dessin de l'enfant, PUF,

WIDLOCHER D, L'interprétation des dessins d'enfants, Mardaga, 1965

ZOTTOS E, REVENEY FRY C, De toutes les couleurs : un siècle de dessins d'enfants à l'école, Infolio, 2006

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Commentaire (1)

1. le calligraphe Le 13/07/2008 à 16:38

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Merci d'avoir partager ces informations avec nous... ce que je veux dire, et come je le dis toujours, l'enfant est un artiste par nature.
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Dernière mise à jour de cette page le 11/10/2006

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