I. Le phénomène d'habituation, ex.
1. Lorsqu'on se déplace en voiture sur un chemin inconnu, notre attention est très soutenue, si on revient plusieurs vois sur ce même chemin, notre attention va diminuer progressivement, conduite de plus en plus automatisée.
2. Lorsqu'on met un bébé en présence d'un nouvel objet, il présente un grand intérêt pour cet objet, cet intérêt va diminuer progressivement au fur et à mesure que l'objet est présenté.
II. Le phénomène d'habituation, définition et apprentissage
1. Définition
Diminution graduelle de l'intensité ou de la fréquence d'apparition d'une réponse. Cette diminution fait suite à la présentation répétée d'un stimulus inconditionnel spécifique.
2. Habituation en tant qu'apprentissage
L'habituation correspond à un apprentissage dans la mesure où elle conduit à un changement stable du comportement qui fait suite à l'expérience vécue par l'organisme.
Le comportement qui résulte de l'habituation premet une plus grande adaptation de l'organisme à son environnement. Il s'agit d'un apprentissage simple, beaucoup plus simple que l'apprentissage par conditionnement. Apprentissage associatif qui permet d'attribuer une signification particulière dans un stimulus donné (apprentissage par conditionnement).
III. Habituation et sensibilisation, habituation et adaptation sensorielle
1. Habituation et sensibilisation
Le phénomène de sensibilisation correspond au phénomène complémentaire de l'habituation, c'est-à-dire qu'il s'agit de l'attention momentanée d'une réponse à un stimulus au début de la présentation à ce stimulus. Quand cette nouvelle stimulation s'est produite suffisamment, le phénomène d'habituation se met en place et l'intensité de la réponse commence à diminuer.
2. Habituation et adaptation sensorielle
S'il y a habituation, il y a diminution de la réponse mais ce n'est pas parce qu'il y a diminution de la réponse qu'il y a habituation. Le phénomène d'habituation est lié à la stimulation, c'est-à-dire que c'est spécifique à une stimulation ppparticulière. Si on change cette stimulation de façon significative, la stimulation cesse de se produire.
Adaptation sensorielle : Lorsque l'on est aveuglé par une lumière par exemple, résulte d'une stimulation trop forte, trop intense, les neurones ne peuvent plus décharger suffisamment. Ce n'est plus spécifique à la stimulation mais à la réponse.
IV. Les lois de l'habituation et les phénomènes associés à l'habituation
1. Intensité et fréquence de la stimulation
Ce sont les deux facteurs qui influencent la mise en palce de l'habituation. Plus l'intensité est faible plus l'habituation est facile. Plus la fréquence est élevée plus l'habituation est rapide.
2. La généralisation de l'apprentissage
Pour être efficace, l'habituation doit pouvoir se généraliser à des stimuli qui lui sont relativement semblables. Le déclin de la réponse doit avoir lieu en présence de stimuli d'habituation mais aussi de stimuli qui sont suffisamment proches.
Ex., on considère que 10 essais sont nécessaires pour qu'un animal s'habitue à une stimulation X et 10 pour une stimulation Y. Après avoir été habitué au stimulus X, moins de 10 essais sont nécessaire pour habituer le sujet au stimulus Y, il y a généralisation de l'habituation.
3. Déshabituation
C'est quand, après avoir été habitué à un stimulus A, le sujet réagit de nouveau à ce stimulus A si entre temps on lui a présenté un stimulus B. C'est bien l'introduction du stimulus B qui provoque la réapparition de la réponse au stimulus A. La procédure utilisée pour mettre en évidence la déshabituation, A - B - A, autre groupe A - rien - A, il y a déshabituation si les sujets du premier groupe réagissent plus à la seconde stimulation A que les sujets du second groupe.
4. La récupération spontanée
Lorsque l'habituation est suivie d'une période de repos sans que le stimulus soit présenté, réapparition de la réponse dès la première présentation du stimulus. La réponse est moins forte qu'en début d'habituation.
V. Les aspects théoriques
1. Interprétations théoriques
Construction hypothétiques déduites des modifications du comportement que l'on observe. Deux théories : Théorie de Thompson, neurophysiologiques basées sur le système nerveux central ; théorie de Sokolov, cognitiviste.
Théorie de Sokolov dîte aussi théorie du comparateur (1963, 1975) : Théorie basée sur la spécialisation des différentes aires cérébrales. Sokolov propose l'idée d'un comparateur situé dans une partie du cerveau, l'hypocampe aurait pour fonction de comparer la représentation extérieure du stimulus avec des représentations stockées en mémoire. Le déclin de la réponse, lorsque le stimulus est connu, résulte d'une analyse de l'information qui est réalisée par différents modules (l'attention, la mémoire et le comparateur).
Stimulus -> Registre sensoriel -> Catégorisation -> [Comparateur] <- Stock mnésique
I I
Non correspondance entre Correspondance entre
les 2 informations les 2 informations
I I
Unité centrale Habituation = Inhibition
de traitement de la rép. attentionnelle
I
Réponse d'orientation
L'idée à la base de ce modèle est qu'au fur et à mesure de notre expérience on va emmagasiner en mémoire des modèles, des stimuli rencontrés. On stock des représentations des stimuli. Chaque nouveau stimuli rencontré sera comparé à ceux stockés en mémoire. On parle d'habituation lorsque le comparateur détecte une correspondance entre la représentation stockée en mémoire et le stimulus présenté. Dans une représentation de ce type (cognitiviste) on postule l'existence de représentations perceptives, mnésiques, c'est-à-dire d'un stock de connaissances et de processus qui opèrent sur ces représentations. On a ainsi des modules qui traitent l'information perceptive, d'autres qui la catégorisent, d'autres qui ont un rôle de comparer cette information à un stock mnésique mais aussi de la réponse à donner. On considère qu'il y a une hiérarchie dans le traitement de l'information.
2. Les applications de l'habituation
- Comme une méthode d'étude du nourrisson qui nous a permis de mieux décrire les perceptions du nourrisson. Ex., mieux rendre compte de ce qu'un bébé est capable de discriminer, comment il est capable de faire passer de l'information d'une modalité sensorielle à une autre modalité sensorielle. Améliorer nos connaissances sur la permanence de l'objet, de comprendre comment les bébés arrivaient à catégoriser, dans l'esprit des théories inéistes si les enfants étaients sensibles aux grandes lois gestaltistes.
- Habituations qui ont le reflet des capacités à apprendre, autre courant de recherche, travaux de Bornstein. Il étudie l'habituation de façon directe en tant qu'apprentissage. La capacité de l'enfant à s'habituer serait le reflet de compétences cognitives complexes. Il considère que les bébés qui s'habituent les plus rapidement sont ceux qui sont les plus intelligents.
BLANC N, Le concept de représentation en psychologie, In Press, 2006
CORDIER F, Apprentissage et Mémoire, Armand Colin, 2005
DUCLOS G, Guider mon enfant dans sa vie scolaire, Editions de l'hôpital Saint Justine, 2006
FLAHAULT E, L'insertion professionnelle des femmes : entre contraintes et stratégies d'adaptation, PU Rennes, 2006
GAILLARD J, Expérience sensorielle et apprentissage : approche psycho-phénoménologique, L'Harmattan, 2004
GORDON B, La mémoire intelligente, Pocket, 2006
GRAZIANI P, Le stress : Emotions et stratégies d'adaptation, Armand Colin, 2005
KERJEAN A, L'apprentissage par l'expérience : pour développer les compétences humaines stratégiques, ESF, 2006
LESAIN-DELABARRE J-M, Le guide de l'adaptation et de l'intégration scolaire, Nathan, 1999
ROCHEX J-Y, Le sens de l'expérience scolaire : entre activité et subjectivité, PUF, 1998
SCHMIDT-NIELSEN K, Physiologie animale : adaptation et milieu de vie, Dunod, 1998
1/10 sur 1 vote
Sélectionnez une note puis validez par "Noter"
1. Séverine Le 16/05/2006 à 10:48
Créer un site internet gratuit avec E-monsite.com
- Signaler un contenu illicite
- Voir d'autres sites dans la catégorie Santé de l'enfant
Videos Droles - Clips musique - Cours création de site web