Introduction
Stade I, connaissances importantes, l'enfant sait se situer comme un homme parmi d'autres alors qu'à la naissance il y a une inadéquation entre lui et le monde extérieur. La pensée de l'enfant a évolué en subissant une première décentration.
Opération concrète : nouvelle décentration, l'enfant parvient à considérer le point de vue d'autrui et à coordonner son point de vue à celui d'autrui. Une autre acquisition à ce stade, l'enfant est capable d'effectuer des opérations sur des objets (réussi selon des critères cohérents, classification, traiter les relations entre les objets, sériation, dénombrement). A chaque fois, il s'agit d'objets concrets, constatations vraies et non hypothétiques. Piaget : 'Le raisonnement fonctionne en liaison étroite avec le contenu.'
L'une des acquisitions de pensée opératoire formelle se détache du contenu. Piaget, 'Le stade formel est aussi le stade des relations entre le réel et le possible'. L'enfant raisonne sur des propositions qui ne sont considérées qu'à titre d'hypothèses. La pensée de l'enfant (ou de l'adolescent) devient une pensée hypothético-déductive (déduction à partir d'hypothèses).
=> L'intelligence sensori-motrice porte sur l'action pratique.
Exemple de la sériation, opérations concrètes. Problème : si on dit à un enfant de 7 ans que Edith est plus blonde que Suzanne qui est plus brune que Lili. Laquelle est la plus brune des 3 ? Un enfant de 7 ans ne peut pas résoudre cas ce raisonnement porte sur des objets réels et non verbaux (+ que, - que), il ne sait pas raisonner là-dessus. Un adolescent apprend à le faire et les opérations formelles vont constituer la notion de structures d'équilibre équivalentes.
2 structures :
->Structure combinatoire (1)
-> INRC (2)
Combiner entre eux soit des objets soit des propositions. Le combinatoire permet de considérer dans une situation donnée toute combinaison possible. Cela libère du contenu C, permet d'effectuer des opérations de second niveau (classification de classification).
Ou groupe à 4 traits, Identique, Négation, Réciproque, Corrélative. Ce groupe permet à l'enfant de considérer à temps égal les 2 opérations qui sont des opérations inverses et des opérations réciproques. Il rend compte de différents schèmes formels à proportionnalité équivalente, double système de référence.
Combinatoire : détail de cette pensée combinatoire
Libre de la pensée, un rappel ou un contenu qui va permettre une maîtrise de l'ensemble combinatoire, l'enfant va être capable de faire des combinaisons ou permutations d'objets :
Combinaisons d'objets.
Le raisonnement combinatoire permet à l'adolescent de provoquer ses actions de manière à contrôler l'ensemble des facteurs de variation dans une situation donnée.
Exemple : combinatoire d'objet
-> Epreuves de combinaison de liquide : 5 bouteilles qui ont un produit incolore (chimique) et un verre pour faire le mélange. On lui montre un liquide jaune et on lui dit qu'il a été obtenu en mélangeant dans les bouteilles. On lui demande de découvrir comment obtenir la coloration jaune avec 3 bouteilles pour le jaune et les 2 autres sont du colorant.
Au 1er niveau préopératoire : il mélange tout le liquide au hasard sans hypothèses préalables.
Au 2ème niveau opératoire concret : l'enfant mélange le liquide 2 à 2 mais pas méthodiquement. Il mélange tout le liquide ensemble, il faut lui suggérer de faire des combinaisons (3 à 3 ). Il arrive par tâtonnement.
Début du stade formel (10-11 ans) : l'enfant comprend qu'il faut combiner le liquide 2 à 2, 3 à 3, 4 à 4. Il effectue un tâtonnement. Méthode qui devient systématique qu'à 12-13 ans où, méthodiquement, l'enfant essaie toutes les combinaisons de bouteilles = 2 à 2, puis toutes 3 à 3... => Il va chercher une règle qui puisse lui permettre de construire toute combinaison possible.
Une fois la couleur trouvée, voir s'il n'y a pas une autre solution au problème. Il réussit à dire qu'il y a un colorant et un élément neutre (l'eau) => Il sait répondre au problème -> Il va plus loin, il cherche à expliquer l'expérience en disant le rôle joué par chaque élément.
-> Combinaison et permutation de jetons: Ensemble de jetons de couleurs différentes => demande de trouver toutes les combinaisons possibles de ces jetons 2 à 2 (réussit avant 12 ans).
=> Trouver toute permutation des 4 jetons.
Vers 12 ans, l'enfant commence à réussir le problème par méthode systématique, en dégageant un système qui tient compte de l'ensemble des possibilités.
=> Permet à l'enfant, non plus seulement d'établir des classifications, mais aussi de combiner et permuter des éléments d'une classe.
=> Classification de toute classification possible = opération de 2ème niveau.
Combinatoire de propositions
Quand l'enfant peut combiner les objets (méthode exhaustive), il est capable de combiner une idée ou une hypothèse. Pour cela, il va utiliser des opérations proportionnelles de 4 types -> implication (si...alors) -> disjonction (relation...ou...) -> conjonction (...et...) -> incompatibilité (si...alors non). Au niveau formel, l'enfant sait combiner des propositions et en déduire une voix nouvelle de conséquence de nouvelles propositions.
Exemple: 2 propositions P et Q et leur négation (/P) et (/Q). P: animal est un cygne. Q: animal est blanc. Depuis le stade concret, l'enfant sait regrouper ces propositions 2 à 2, regrouper les 4 situations possibles (PQ, P(/Q),(/P)Q, (/P)(/Q)). Un enfant au stade formel peut, en plus, la combiner pour en déduire une nouvelle proposition, que PQ et (/P)(/Q) sont vraies => aucun lien entre le fait d'être cygne et blanc.
La pensée formelle et le groupe INRC
Groupe INRC : groupe à double réversibilité par inversion et par réciprocité.
La réversibilité par inversion, exemple, lorsqu'on sait utiliser une opération inverse pour annuler un effet observé. Elle correspond à la réversibilité utilisée par le système de classes.
La réversibilité par réciprocité, utilisée pare le système de relation. Lorsqu'on sait utiliser l'opération réciproque pour compenser un effet.
Si l'enfant du stade concret sait manier ces 2 types de réversibilité, il ne sait pas les manier l'une en fonction de l'autre dans une seule centration, ces 2 types sont dissociés.
Au stade formel, l'enfant va construire un système unique qui va englober l'inversion et la réciprocité. Structure logique qui rend compte de cette fusion, le groupe INRC.
Exemple, un piéton qui se déplace sur un tapis roulant, opération I (Identique), réfléchir à savoir comment annuler le déplacement de ce piéton. Deux solutions possibles, faire le chemin en sens inverse (réversibilité par inversion), mettre en mouvement le tapis roulant en sens inverse (réversibilité par réciprocité).
C'est seulement vers 11-12 ans que l'enfant comprend qu'il y a une équivalence entre IN et l'opération réciproque. L'enfant comprend que faire fonctionner le tapis roulant en sens inverse équivaut à faire revenir le piéton sur ses pas. Au sein de l'INRC, une opération peut être comprise comme étant l'inverse d'une seconde opération et comme étant la réciproque d'une 3ème opération.
Exemple de l'équilibre de la balance, les sujets doivent trouver comment il est possible d'équilibrer une balance en fonction de 2 facteurs, le poids et la distance des poids à l'axe. L'enfant du stade concret conçoit que ces 2 facteurs ont une influence sur l'équilibre de la balance. Les effets respectifs de ces 2 facteurs ne sont jamais pensés l'un en fonction de l'autre, le sujet va raisonner sur un seul système. Au stade formel, l'enfant va comprendre que lorsqu'on a une situation de déséquilibre ou d'équilibre, il est possible de conserver la situation en diminuant le poids ou la distance. Problème de proportionnalité perçue tout d'abord de façon qualitative puis quantitative.
Les schèmes opératoires formels
Le groupe combinatoire et le groupe INRC vont permettre à l'adolescent de disposer d'un certain nombre de schèmes inaccessibles au stade précédent.
Le schème de la proportionnalité (exemple, expérience de la balance). Il y a d'abord vers 11-12 ans, une proportionnalité qualitative qui débute par une intuition de proportionnalité. Au début, l'enfant va découvrir qu'à égalité de poids il y a un équilibre si les distances sont équivalentes, déséquilibre si elles sont différentes. La découverte qualitative finale est celle d'une équivalence entre augmenter la distance et diminuer le poids, ainsi qu'augmenter le poids et diminuer la distance.
Proportionnalité métrique qui permet de calculer les rapports de proportion. La structure logique est le groupe INRC, l'enfant traite toutes les relations de la proportionnalité.
Le schème du double système de référence (exemple du tapis roulant). Exemple de Piaget, déplacement d'un escargot sur une planchette, le sens de déplacement de la planchette étant inverse à celui de l'escargot. Au stade concret, l'enfant ne peut pas concevoir que l'escargot puisse rester immobile. Par contre, au stade formel, il va commencer à comprendre la compensation du déplacement de l'escargot par celui de la planchette. La réussite de ce problème repose sur le groupe INRC car il s'agit de coordonner 2 systèmes qui sont la planche et l'escargot, qui comportent chacun une opération directe (exemple, déplacement vers la droite) et une opération inverse (exemple, déplacement vers la gauche).
Notion de probabilité, exemple, on va disposer d'une urne qui contient 15 boules rouges, 5 boules jaunes et 3 boules bleues. On va demander au sujet quelle est la probabilité de tirer au hasard une boule rouge et une boule jaune. Pour résoudre ce problème il va falloir calculer le nombre de combinaisons possibles par rapport au nombre de combinaisons qui correspond à l'événement désiré. La réussite au problème, qui fait intervenir la notion de probabilité, suppose que le sujet dispose d'une logique combinatoire permettant de tenir compte de tous les éléments en jeu, mais aussi capable d'effectuer un calcul de proportion.
Schème de dissociation des facteurs : c'est le plus complexe du stade opératoire formel. Il illustre la possibilité que l'on a de programmer nos actions pour contrôler l'ensemble des facteurs de variation dans une situation donnée. L'adolescent va se comporter comme un véritable expérimentateur. Epreuve de la flexibilité des tiges flottantes ou l'expérience du pendule.
Expérience du pendule : on demande à l'enfant d'expliquer ou de prédire la fréquence des oscillations d'un pendule. Plusieurs facteurs peuvent être pertinents: La longueur du fil, l'élan avec lequel on fait partir le pendule, la hauteur de chute, le poids accroché au dispositif. L'enfant, au stade formel, est capable de dresser l'inventaire des facteurs, il va examiner de façon systématique l'effet de chacun des facteurs en les prenant un à un et en laissant les autres constants. Démarche qui repose sur la logique combinatoire puisqu'elle suppose construire toutes les variations possibles. Présence d'une combinatoire propositionnelle puisque l'enfant doit déduire des lois à partir des observations. Observations: Modification de la longueur du fil sans modification des autres facteurs, ne modifie pas la fréquence d'oscillation. Modification de la hauteur de chute sans modification des autres facteurs, ne modifie pas la fréquence. Modification du poids sans modification des autres facteurs, ne modifie pas la fréquence. La fréquence des oscillations est dépendante de la longueur du fil, plus le fil sera court plus la fréquence augmentera. D'un point de vue développemental, l'enfant au stade concret va uniquement savoir effectuer des classifications et des sériations en mélangeant les facteurs en jeu sans les dissocier. A l'entrée du stade formel, le sujet commence à dissocier les facteurs (11-12 ans). Pas acquis, la logique dispositionnelle, le raisonnement hypothético-déductif qui consiste en toutes choses étant égales par ailleurs. Vers 15-16 ans, le sujet devient capable de faire varier un facteur en maintenant tous les autres constants.
Conclusion
La première caractéristique de la logique opératoire formelle est de faire intervenir les relations entre le réel et le possible, l'adolescent résout les problèmes qui lui sont posés en formulant un ensemble d'hypothèses qui l'amènent à raisonner sur l'univers des possibles.
La deuxième caractéristique est de constituer un système d'opérations à seconde puissance. Par exemple, grâce à la combinatoire, l'enfant peut établir des classifications, mais il peut aussi permuter les éléments de ces classifications, on est en train d'établir la classification de toutes les classifications possibles.
Pour Piaget, les opérations formelles ne sont pas accessibles à chacun, il considère que le raisonnement dépend fortement de facteurs sociaux.
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3. Anne-Sophie Le 16/05/2006 à 19:25
2. Moctar Fall Le 13/10/2005 à 18:56
1. caroline Le 05/02/2005 à 10:27
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