Ce site est géré par Claire GRAND, psychologue spécialisée dans le haut potentiel intellectuel et les troubles d'apprentissages, à Pringy - ANNECY (74).

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Ce site a pour but de détailler ce qu'est la précocité intellectuelle (enfants) et le haut potentiel (adultes), mots différents, parmi beaucoup d'autres, pour parler d'un même fonctionnement cognitif, émotionnel, relationnel et affectif, quel que soit l'âge.

  

Qu'est-ce qu'un enfant précoce ou surdoué ?

 

Les termes « précoces » et « surdoués » désignent les mêmes enfants, ceux dont le QI ou au moins un indice atteint 130 et dont le profil cognitif et affectif évoque une précocité. Certains ont des profils très hétérogènes, du fait d’un trouble d’apprentissage : dyslexie ou trouble de déficit de l’attention, le plus souvent. Ce sont des enfants dont l’Indice de Compréhension Verbale peut atteindre des sommets, 148 par exemple, voire 154 (l’échelle en comptant 155 !) alors que les autres indices fluctuent autour de la moyenne, soit 40 ou 50 points plus bas. Pour ces enfants-là, bien entendu, nous sommes obligés de reconnaître la précocité, y compris en l’absence d’un QI total suffisant. Il n’est d’ailleurs pas envisageable de le calculer avec des scores si hétérogènes.

Le terme « surdoué » peut paraître prétentieux, c’est pourquoi il est souvent remplacé par celui plus discret d’« enfant intellectuellement précoce » ou tout simplement « enfant précoce ». Le terme « surdoué » est pourtant tout à fait cohérent, en cela qu’il insiste sur le côté excessif de ces enfants : trop intelligent ? Non, le problème n’est pas tellement là. Il vient surtout du fait qu’ils sont trop sensibles, trop anxieux, trop impatients, trop réactifs, trop nerveux, trop rapides ou trop lents selon les enfants, trop rêveurs et trop inattentifs à certains moments. Leur côté changeant évoque aussi l’excès : à un état très joyeux peut succéder une grande détresse. C’est « tout ou rien ». L’enfant précoce est rarement dans les nuances, dans le tiède. Il a aussi un petit côté obsessionnel : lorsqu’un sujet l’intéresse ou qu’un ennui le préoccupe, il peut y penser de façon obsessionnelle. Le mot « excès » le décrit donc bien, surtout en ce qui concerne sa sensibilité. En effet, on peut difficilement parler de précocité sans parler d’hypersensibilité. 

L’autre partie du mot « surdoué » renvoie au don, à l’inné. La précocité intellectuelle est en grande partie héréditaire. Olivier REVOL, pédopsychiatre de Lyon, affirme n’avoir jamais rencontré un seul enfant surdoué qui n’ait pas au moins un de ses deux parents qui le soit, et souvent les deux parents. Le contexte (sécurisant et propice aux expériences) ainsi que l’éducation et le suivi des devoirs (qui permettent de mieux développer les compétences intellectuelles et la curiosité) influent sur l’optimisation des compétences, mais les capacités innées sont les seules à pouvoir expliquer une précocité. Le cerveau de l’enfant surdoué fonctionne différemment (avec une prédominance de l’hémisphère droit), il est donc structurellement différent, indépendamment de toute influence environnementale.  

Certains pensent que les caractéristiques que l’on prête aux enfants précoces ne leur sont pas réservées. Oui, beaucoup d'enfants sont intelligents, critiques, sensibles, anxieux, vifs, curieux, agités….mais l’enfant précoce l’est plus, l’est trop, parfois de façon envahissante et, surtout, il est tout ça à la fois.       

Alors, qu’est-ce qu’un enfant précoce ou surdoué ? C’est un enfant dont l’intelligence est très développée et différente et, surtout, un enfant dont le fonctionnement affectif et émotionnel est différent. Beaucoup de préjugés entourent ces enfants et empêchent de les comprendre et de bien les accompagner dans leur développement et leur scolarité. Il faut surtout être conscient que la précocité constitue une différence qui peut être difficile à vivre, quand elle n’est pas carrément douloureuse. La précocité peut être vécue comme un handicap, d’autant plus lourd à porter qu’il n’est pas reconnu et qu’il ne suscite aucune tolérance comme c’est le cas pour les vrais handicaps. En effet, qui aurait l’idée de plaindre un enfant d’être surdoué ? Au lieu de cela, on attend trop de lui ou on le rejette par jalousie.     

Cela peut paraître exagéré et choquant de parler de handicap dans le cas de la précocité ? Et pourtant, il y a tant d’enfants et d’adolescents qui souffrent de leur précocité, d’adultes qui ne comprennent pas pourquoi ils se sentent mal et inadaptés depuis toujours. Les titres des livres qui leurs sont consacrés sont pourtant éloquents : « Trop intelligent pour être heureux ? » ou encore « Différence et souffrance de l’adulte surdoué » (Références dans le chapitre « Livres »).      

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